J’ai lancé il y a quelques jours une expérimentation sur les aides à la mobilité sur trois territoires (le havre, bassin d’Aubagne / La Ciotat et Haute-Loire).
Si selon les cas les modalités précises divergent (financement du permis de conduire, aide à la location de véhicules, aide au déménagement), le principe est à chaque fois le même : mieux vaut aider ceux qui ont besoin de bouger pour trouver un emploi plutôt que les maintenir dans l’inactivité et de continuer à financer des indemnités chômage.
Je crois beaucoup en ce genre d’aides, pour peu bien entendu qu’elles ne servent qu’à ceux qui ont un vrai projet professionnel.
Puisqu’on est en phase d’expérimentation, cela m’intéresse beaucoup d’avoir votre avis : l’idée vous semble-t-elle bonne ? Est-ce que ça vous semble utile pour lutter contre le chômage ? Avez-vous identifié d’autres barrières très concrètes à la recherche d’emploi ? Est-ce que vous attendez des politiques ce genre de solutions très concrètes, ou uniquement des grands plans d’action ?
A vous la parole.
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Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie et en charge du dossier du Grenelle de l’Environnement était présente ce lundi sur notre territoire. C’est avec le plus grand plaisir que je l’ai accompagné dans son déplacement en Haute-Loire sous un soleil généreux.
Dans le cadre d’un tour de France destiné à rencontrer les habitants, chefs d’entreprises et acteurs locaux, la Secrétaire d’Etat n’hésite pas à évoquer des sujets brûlants qui la préoccupent. Après un passage à la scierie Moulin de Dunières et la remise de l’écolabel européen à Régis Marcon, Chantal Jouanno a accepté un débat public à l’Atelier des Arts, afin de rappeler quelles étaient ses trois priorités : la consommation énergétique, la biodiversité, et les questions de santé et de consommation durable.
Aujourd’hui, l’objectif est clair, et le passage de Chantal en Haute-Loire nous le rappelle : nous devons nous aligner sur d’autres pays de l’Union qui bien avant nous ont instauré leur Grenelle de l’Environnement, et opté pour des nouvelles énergies et de nouveaux moyens de production. Concernant la biodiversité : même si notre département détient de formidables richesses naturelles, nous devons réagir et faire preuve de vigilance. D’ici 2100, 50% des espèces sont menacées de disparaître sur notre planète, alors tentons de contrer les changements climatiques, qui ont certes toujours existés, mais qui en quelques années se sont considérablement accélérés.
Intervenons pour l’avenir et le bien-être de nos enfants et des générations futures. Concernant les éoliennes et le barrage de Poutès, la Ministre a apporté quelques éléments nouveaux lors du débat public, en insistant fortement sur la concertation et le respect des uns et des autres, précisant par ailleurs que d’ici le mois de juillet, une décision devrait être annoncée quant à l’avenir de ce barrage.
Profitant de son passage sur nos terres, j’ai attitré l’attention de Chantal sur deux dossiers capitaux pour notre département : la dépollution du site industriel à Riotord et la lutte contre les inondations sur la zone de Saint-Germain-Laprade/ Blavozy.
L'association fondée par l'Abbé Pierre dispose désormais d'un nouvelle structure que nous avons inauguré ce vendredi. Afin d'améliorer l'accueil et la sécurité des bénéficiaires, nous nous devions de réagir et de conforter l'antenne d'Emmaüs 43 à Taulhac, en créant un centre spécialisé et dédié aux personnes accidentées par la vie.
L'équipe de bénévoles dispose à présent de bonnes conditions de travail au sein d'un lieu favorisant la réinsertion. C'est un nouveau site où les jeunes se sentent protégés et épaulés pour repartir du bon pied.
Pour financer cette structure, il a fallu réunir plus de 410 000 Euros. Après avoir sollicité les Ministères à maintes reprises, nous avons obtenu les financements, ce qui représente certainement un record pour ce genre d'équipement.
Je tiens à rendre hommage au travail accompli par l'ensemble des bénévoles, qui dans la discrétion et avec une certaine humilité, deviennent des modèles de solidarité et de charité. Soeur Emmanuelle, que j'ai bien connue, aimait à dire qu'il est du devoir de chaque Homme d'être indigné, et considérait que l'ampleur d'une tache ne devait en aucun cas être un obstacle. Et si l'on pense que "le logement" est une goutte d'eau dans la mer, alors chaque goutte d'eau est utile...
Avec les élus des communes et de la Communauté d’agglomération, nous avons souhaité nous unir quelque soit notre couleur politique, de gauche comme de droite, pour réaffirmer notre détermination absolue à ne pas « lâcher le morceau » pour soutenir le projet de contournement.
Avec plus de 20 000 véhicules par jour qui empruntent le rond point de la Chartreuse, c’est l’asphyxie ! Et c’est précisément à cet endroit que nous nous sommes réunis symboliquement vendredi matin, pour mettre définitivement un terme aux polémiques autour du projet de contournement.
L’agglomération du Puy est une des seules agglomérations en France à ne pas avoir son contournement. Nous avons mené une rude bataille pour obtenir le financement avec l’engagement supplémentaire de l’Etat pour soulager les collectivités locales. Le projet initial total était de l’ordre de 150 millions d’euros. Avec les différentes augmentations (notamment celle des matériaux de constructions) au fil des mois, et la volonté d’apporter des équipements favorisant l’intégration environnementale du projet, ce dernier est passé à 174 millions d’euros.
La première tranche réalisée a représenté un coût global de 84 millions d’euros financés à 55 % par l’Etat, 20,44 % par la Région, 20,44 % par le Département, et 4,12 % par la Communauté d’agglomération. La seconde tranche est estimée à 90 millions d’euros. A l’issue des nombreuses réunions et négociations avec notamment, Jean-Louis Borloo, j’ai obtenu une rallonge exceptionnelle de l’Etat pour la deuxième tranche passant sa participation de 50 % prévue initialement à 75 %, un financement qui soulage d’autant l’effort des collectivités locales ! C’est un des seuls projets en Frange soutenus à ce niveau ! Fort de cet engagement de l’Etat, la Communauté d’agglomération a rapidement confirmé son engagement pour cette seconde tranche.
Le Conseil général a voté massivement (toutes tendances confondues) dans un contexte difficile, son engagement en faveur des routes nationales, dont le contournement. Alors que le Conseil régional s’était engagé pour la première tranche, il ne confirme pas son engagement pour la seconde. Ce qui est d’autant plus incompréhensible, car l’augmentation de la participation de l’Etat a divisé par deux celle de la Région. Ce non-engagement pourrait compromettre certaines réalisations sur le projet ; comme l’amélioration de l’entrée de Brives-Charensac, et les mesures de protection pour les riverains entre autres. C’est inadmissible !
Monsieur Souchon, président de Région, est venu récemment au Puy-en-Velay pour faire un chantage ; en clair, si vous voulez de l’argent pour ce contournement, il faut le prendre sur d’autres projets du département. Autrement dit, la Région refuse d’aider plus la Haute-Loire et nous propose seulement de nous mettre les uns contre les autres, en compétition.
Lundi, Gérard Roche, président du Conseil général a dénoncé cette attitude méprisante. A notre tour, nous la refusons solennellement. La Haute-Loire est une équipe soudée avec des grandes et des petites communes qui travaillent ensemble. Nous ne nous laisserons pas diviser. C’est ensemble que nous avançons. Il est hors de question pour l’agglomération du Puy d’accepter des aides qui auraient été prises à d’autres communes de Haute-Loire ; « on ne veut pas pour habiller Paul, déshabiller Jacques » !
Le contournement ce n’est pas celui du Puy-en-Velay, mais celui d’une artère de plus de 60 000 habitants. Nous pensons tous que ce projet doit se faire le plus rapidement possible.
Une dernière fois, nous appelons la région à revenir à une position plus juste et à soutenir le contournement. Mais qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, si la Région refuse de soutenir le projet, tant pis pour elle, nous avancerons quand même. L’avenir de l’agglomération du Puy n’est pas un jeu politique. L’intérêt général doit prévaloir !
Nous n’attendrons donc pas d’avoir la réponse de tous les partenaires financiers pour avancer. Les appels d’offre sont lancés. Il faut que le projet sorte, et les premiers coups de tractopelles seront donnés en octobre !
Maintenant on trace le contournement ; il se fera que la Région le veuille ou non !
Journée vraiment passionnante : du temps, aucun micro, pas de foin, juste écouter regarder discuter avec les agents. Ils avaient été prévenus 30 min avant mon arrivée pour que rien ne soit changé. Une agente était éberluée : « et bah si on m’avait dit que je passerai ma journée avec le ministre de l'emploi… »
Je commence par l'accueil : les demandeurs d'emploi défilent certains confiants, d'autres visiblement cassés par la vie, parfois ouverts, parfois agressifs.
Une jeune femme arrive avec 45 min de retard pour le début de son atelier de recherche d'emploi. Un peu désinvolte et visiblement pas très motivée. Le conseiller pole emploi la reprend vivement en lui faisant comprendre qu'a cause d'elle une place a été perdue. Il n'y a pas que des droits, il ne faut pas l’oublier.
Une femme de 45 ans : elle a besoin de rédiger un cv et a besoin d'aide : je m’installe avec elle, sa fille lui a griffonné un brouillon, elle-même parle mal français , on essaye de se repérer dans le logiciel de rédaction de cv qui ne date pas d’hier… Mais après 5 min on arrive à sortir un bon cv que je lui imprime en plusieurs exemplaires. Première leçon : il faut revoir rapidement tous ces vieux logiciels qui datent de la préhistoire.
Pour les agents il faut amortir le choc et la détresse qui s'exprime. On me raconte une scène la semaine dernière : un jeune est arrivé en parlant fort et en doublant tout le monde ; l'agent pole emploi lui demande d'être plus correct, il est monté en température très vite "je parle comme je veux" jusqu’à agresser l'agent et menacer de fracasser un ordinateur au sol. Le genre de scène qui jette un froid… C'est aussi parfois ça la vie quotidienne des agents Pôle emploi. Cela m’inspire une remarque : les agents font la plupart du temps preuve de beaucoup de dévouement et de patience, les demandeurs d'emploi n'attendent pas trop, les rdv sont a l'heure et on ne voit pas ces files d’attente terribles qui avaient marqué les années 90.
On bascule vers le centre d'appel installé dans chaque agence pour répondre aux questions des demandeurs d'emploi, les appels se succèdent, la responsable est pleine d'allant et cherche à répondre le mieux possible. On évoque les améliorations possibles pour le 3949, le numéro qu'on a réussi a rendre non surtaxé !
Puis direction la partie indemnisation : une femme qui fait des ménages a domicile veut comprendre pourquoi elle n’a pas eu l'allocation de retour a l'emploi ce mois-ci. Il faut aller consulter la base de données, s’assurer qu'il n’y a pas eu d'erreurs, vérifier les règles juridiques. Y penser pour les prochains dispositifs, veiller à ne pas adopter de nouvelles usines a gaz car après ce sont les agents qui galèrent pour faire tourner tout ça.
Un jeune, 23 ans, arrive pour s'inscrire : on lui demande s’il a déjà travaillé : « bah oui mais bon c’était pas trop déclaré, des petits boulots par-ci par-là, maintenant faut que je me pose !" Typiquement la cible des mesures jeunes qu'on a adopté il y a trois semaines !
Un autre, 40 ans, entre : intérimaire dans l'électricité, c'est la première fois depuis dix ans qu'il a un trou dans ses contrats. ça l'inquiète.
Déjeuner autour d'un plateau repas avec les agents : ils me disent qu'ils en ont marre de se faire critiquer dans tous les sens par les medias. C'est vrai que c'est un peu facile : ils font leur maximum et sont dévoués, il faut faire attention à ne pas toujours montrer le mauvais côté.
14 heures : on reprend le harnais, je suis une conseillère, Zohra, qui a une pêche d'enfer. Elle accueille un chômeur qui cherche un poste dans la logistique. Début de l'entretien il est un peu abattu. Zohra essaye de le remotiver. On analyse les offres ensemble. Elle donne son mail et lui propose d'appeler directement certains employeurs pour se porter caution. Seul problème il n’a pas le permis. Je suis convaincu que ça fait partie de ces barrières stupides qu'il faut faire sauter en investissant de l'argent pour aider à passer son permis.
Un détail : les cloisons sont petites et on entend ce qui se dit à côté dans l'autre box où un senior cherche aussi un emploi.
Je vais ensuite suivre un autre entretien surréaliste. Un Italien de 27 ans qui la prend plutôt cool : il veut devenir chanteur de jazz et intermittent ; entre-temps il a le RMI. Quand on lui demande s’il a des formations en musique, la réponse est plutôt évasive. Lors de son dernier entretien on lui avait recommandé d'aller chercher des offres et de créer son espace sur poleemploi.fr. Il feint de ne pas trop se souvenir s’il l'a fait. Le conseiller le reprend en main gentiment mais fermement et lui rappelle au passage que c'est pas caisse ouverte mais qu'il faut vraiment chercher un job.
Dernier entretien : quelqu’un qui galère vraiment mais a envie de s'en sortir. Il bossait dans le nettoyage, souhaite se reconvertir dans les agents de sécurité. Problème : il faut une formation. La conseillère se creuse la tête, explore les pistes et on finit par trouver une solution avec un organisme de formation à Paris. C’est pas l'idéal, mais ça va commencer à lui permettre de rebondir. Comme me fait remarquer la conseillère, aujourd’hui il faut passer par des étapes pour les aider a retrouver un job on y arrive pas toujours du premier coup.
La journée se finit : passionnante, éprouvante aussi bien sûr. J'en ressors avec beaucoup de détails très concrets sur ce qu'il faut faire bouger mais aussi avec une conviction : ces agents se battent, ce n’est pas tous les jours facile, ils font le max et pour ceux qui ont la caricature facile, je les invite à faire le même exercice que moi.
Ils m’ont vraiment remercié mais m’ont aussi dit à la fin avec beaucoup d’humour : faut que ça serve à quelque chose, on compte sur vous, ce serait dommage d'avoir gâché une journée de ministre pour rien…
Dans la nuit de samedi à dimanche, mon téléphone sonne. Il est deux heures du matin. Je suis informé d’un incendie qui a détruit un appartement au n°35 de la rue des Tanneries.
Immédiatement, je me rends au pied de l’immeuble où le feu s’est déclaré. Les sapeurs pompiers s’activent encore pour éteindre l’incendie et continuer à évacuer les 75 occupants de l’immeuble, en raison des fumées toxiques.
L’appartement du premier étage a été entièrement dévasté. Son occupante n’a pu malheureusement en réchapper. C’est un véritable drame pour la ville.
Dans cette situation tragique, il a fallu réconforter les habitants très choqués. Tous ont été rapidement regroupés dans le café tout proche d’un résident. Nous avons dû trouver rapidement des solutions pour reloger chacun d’eux dans leur famille, ou à défaut, dans l’hôtel le plus proche, et organiser la prise en charge.
Tous ont pu être accompagnés par la présence rapide sur les lieux d’un médecin psychiatre et de deux infirmières très attentifs à leur angoisse et à leur fatigue.
Par ailleurs, cet incendie a été rapidement circonscrit grâce au professionnalisme des équipes de pompiers du Puy, de Loudes et de Saint Paulien, auxquelles je tiens à rendre hommage. Un coup de chapeau aux policiers très organisés et pleins de délicatesse auprès des personnes âgées tirées dramatiquement de leur sommeil. Une mention vraiment spéciale pour le geste spontané de généreux accueil du cafetier qui a réouvert son établissement pour donner à tous ces gens encore désorientés, un peu de réconfort.
Vers cinq heures du matin, plus de la moitié des résidents ont pu regagner leur logement. Dès l’aube et toute la journée de dimanche, les administrateurs de l’OPAC, les pompiers, les services social et technique de la mairie, accompagnés d’élus municipaux, ont suivi l’évolution de la mise en sécurité du bâtiment et du retour de la plupart des résidents, quelques-uns prolongeant leur séjour chez leurs enfants. A saluer également : la très grande solidarité les uns pour les autres de tous ces résidents !
Samedi, j'ai signé une convention avec le maire d’Aiguilhe afin d’unir nos structures et nos compétences. La municipalité d’Aiguilhe possède un terrain assez exceptionnel en bordure de la Borne, offrant des conditions d’entraînement que de nombreuses communes peuvent envier.
Cette convention pemet donc aux équipes de foot du Puy d'effectuer des entraînements à Aiguilhe, et à la Ville d'Aiguilhe de profiter des compétences des éducateurs sportifs de l'école de foot et du stade Père fayard.
A l'occasion de cette rencontre, j’ai attiré également l’attention des élus et même des joueurs, sur la présence de cages amovibles. Je m’étais engagé sur ce dossier il y a quelques mois. Je suis intervenu auprès du ministère des sports, et nous avons pu bénéficier d’un fond non négligeable pour cela.
En mutualisant nos structures sportives, nos compétences et nos énergies, ce sont nos jeunes qui sont les grands gagnants !
Le terrain est une priorité. J’en faisais encore l’expérience ce lundi en visitant le restaurant Mc Donald’s de l’agglomération du Puy. Par le passé, nous avons tous eu une mauvaise image de cette enseigne offrant des jobs au rabais, avec des employés payés "au lance-pierre" (…) mais depuis 8 – 10 ans, les dirigeants français de cette multinationale sont entrés dans une vraie logique d’emploi, de qualification et de recrutement, et ont montré que l’on pouvait changer les choses.
En ces temps de crise, cette entreprise est un allié, et avec plus de 65 employés sur le bassin, une entreprise à protéger et à saluer. En chiffres, Mc Do c’est 1500 recrutements par an sur le plan national, avec un rapport de masse salariale avoisinant les 50 / 60% étudiants - demandeurs d’emplois sur les grandes villes, alors que sur un plan local, la part étudiante avoisine seulement les 22%.
Dans les semaines à venir, mon ministère va avoir la très lourde tâche de mettre en place la grande réforme de la formation professionnelle, consistant à permettre à des demandeurs ne disposant pas de diplômes ou d’acquis suffisants, de trouver un emploi et de démarrer réellement dans la vie active. En clair, on laisse le CV de côté, et on donne une chance.
Une entreprise comme Mc Do s’inscrit pleinement dans ce cadre en proposant à un employé de démarrer au bas de l’échelle, puis de progresser à des postes de direction ou de gestion de personnels. En suivant progressivement son chemin, le salarié se constituera un « pécule » d’acquis ou validation des acquis de l’expérience (VAE), qui lui permettra de décrocher un diplôme Bac+3 équivalent à la Licence, et visé par l’Education Nationale. Cette réforme dotée d’un budget de presque 25 milliards d’euros devrait modifier la donne et permettre à l’ascenseur social de vraiment faire son effet.
La Mission Locale du Velay a tenu ce vendredi son assemblée générale au Puy.
Afin de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes, et de participer à l'élaboration des politiques de l'emploi déclinées dans le cadre du service public, la mission locale accompagne nos jeunes par l'établissement d'un programme personnalisé d'accès à l'emploi. Ce programme s'inscrit dans le cadre du CIVIS mis en place par le plan de cohésion sociale, grâce aux contrats d'objectifs et de moyens en faveur de l'apprentissage, grâce au parrainage, aux PLIE et aux contrats d'autonomie...
En collaboration étroite avec les différents organismes spécifiques de l'emploi, la Mission Locale est un levier essentiel entre nos jeunes et le secteur de l'entreprise. Durant cette assemblée, j'ai attiré l'attention des différents participants sur deux types de contrats, qui bénéficient d'une augmentation de 25 % de la dotation de l'Etat depuis deux ans, et qui me semblent capitaux à l'heure actuelle : le Contrat d'Accompagnement dans l'Emploi (CAE) et le Contrat d'Initiative Emploi (CIE). Grâce à une formation et une préparation soutenue, le CAE et le CIE permettent aux jeunes d'acquérir des compétences suffisantes pour passer d'un contrat public à un contrat privé. Les compétences sont alors identifiées, les diplômes nullement dévalorisés, la durabilité assurée.
Présentation ce matin avec Nicole Notat d’un répertoire de bonnes pratiques réalisé de décembre 2008 à mars 2009 par l’entreprise d’audit social Vigéo auprès de 11 entreprises, je les cite toutes pour les féliciter de s’être prêtées au jeu : Adecco, Areva, Axa, Cofidis, EADS, La Poste, L'Oréal, O2 (services d'aide à la personne), Siemens, Thales, Vinci
Pour quoi cet audit ? Parce que pour encourager l’emploi des séniors, faire des lois, c’est bien, mais cela ne suffit pas. Il faut s’assurer que les choses évoluent ensuite vraiment sur le terrain. Répertorier les bonnes pratiques qui existent déjà a trois grands avantages : on montre concrètement que c’est un vrai plus de faire travailler des séniors ; on diffuse une boîte à idées où chaque entreprise va venir piocher ; on crée un effet catalyseur pour d’autres initiatives aussi porteuses.
Parmi les nombreuses actions qui ont été listées, plusieurs peuvent être adaptées dans d’autres grands groupes et PME.
En matière de transmission des savoirs et des compétences, une voie essentielle, c’est le tutorat dispensé par les séniors en direction des jeunes. Ainsi, chez Siemens, un « Observatoire des emplois et des métiers » détecte les compétences des séniors et prépare la transmission des savoirs. Chez Vinci Construction, plus de 200 compagnons, les « maîtres bâtisseurs », sont formés au tutorat avant d’enseigner leurs savoir-faire aux jeunes.
En matière de gestion des carrières professionnelles, une piste à creuser, c’est de créer des missions de gestion des carrières séniors. Je pense notamment au réseau de « référents carrière » chez Areva : ces coachs conseillent les salariés séniors avec d’autant plus d’objectivité qu’ils sont extérieurs à l’équipe.
Pour améliorer les conditions de travail des séniors, il importe de mesurer la pénibilité de certains postes de travail : La Poste ainsi créé un observatoire de la santé au travail et assure un suivi des indicateurs de santé.
Enfin, il faut aussi pouvoir anticiper au maximum la fin de carrière en expliquant aux salariés leurs possibilités d’emploi : chez AXA par exemple, un service retraite informe les salariés de l’ensemble de leurs droits et des possibilités de poursuite de leur activité après la retraite.
Ce catalogue va être envoyé aux branches, aux entreprises, aux partenaires sociaux, aux chambres de commerce, etc. Le but est que ça alimente les plans d'actions que les entreprises doivent mettre en œuvre pour l'emploi des seniors avant la fin de l’année. Pour moi, en effet, il n’est pas question que la crise serve d’alibi pour continuer à accepter les incroyables difficultés d’accès à l’emploi rencontrées par les seniors dans notre pays.