08/04/2009Audition au Sénat sur l'emploi des jeunes

Audition aujourd’hui au Sénat sur l’emploi des jeunes, l’occasion d’évoquer quelques pistes de travail sur ce sujet.
D’abord quelques chiffres pour prendre la mesure de la situation : en un an, le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans a augmenté de 32 %, contre 19 % pour l’ensemble de la population active.
Les jeunes sont en première ligne face à la crise mais, soyons lucide, celle-ci ne fait qu’aggraver le problème récurrent que connaît notre pays sur l’emploi des jeunes depuis les années 70. En moyenne sur les 10 dernières années le taux de chômage des jeunes était de 21% contre 15% en moyenne au sein de l’OCDE.
Notre responsabilité est donc de ne pas nous contenter de rustines à court terme, mais de solutions certes efficaces immédiatement mais qui auront également l’ambition de durablement faire baisser le chômage des jeunes ces prochaines années.
Quelques pistes, sachant que des mesures précises, sur lesquels nous travaillons notamment avec Xavier Darcos, Martin Hirsch et Fadela Amara, seront annoncées prochaniement
1/ Le développement de l’alternance est notre priorité, car c’est un vrai passeport pour l’emploi. Les résultats sont excellents : près de 60% de taux d’accès à l’emploi au terme de la formation. C’est l’opportunité de faire directement ses preuves au sein de l’entreprise. C’est essentiel dans un pays où culturellement on a tendance à vous jauger uniquement sur votre CV.
2/ S’attaquer au décrochage scolaire. 40 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme ni qualification. Or, on sait qu’un jeune qui entre sur le marché du travail sans qualification part avec un handicap considérable. Trop souvent les missions locales récupèrent ces jeunes trop tard, la désocialisation a déjà fait des ravages. Lors du G8 social, le ministre britannique m’a parlé du September guarantee, qui garantit à tout jeune qui a quitté prématurément l’école une formation dès la rentrée suivante. Il faut qu’on arrive à mettre en place en France un filet de secours équivalent.
3/ Aider les jeunes à se débarrasser de ce que j’appelle « les petits cailloux dans la chaussure », ces barrières spécifiques qui ralentissent l’accès à l’emploi, les problèmes de logement, l’illettrisme, les problèmes de mobilité tels que l’absence de véhicule ou de permis qui peuvent obliger un jeune à refuser un des rares emplois qu’on lui propose car il ne pourra s’y rendre ! Ca a l’air d’être des petites choses, mais c’est en réalité fondamental : on ne peut prétendre améliorer l’emploi des jeunes si on ne tient pas compte de son environnement global, ces handicaps qui empêchent Il faut donc qu’on arrive à aider à financer un permis de conduire, à prêter provisoirement un véhicule, à mettre en place des relais pour le logement, lorsque c’est décisif pour trouver un emploi.
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