L’inauguration de l’exposition des chefs d’œuvre du Louvre, un des plus célèbres musées du monde, est l’aboutissement de plus de deux ans de travail et de négociations.

C’est un pas immense que la politique culturelle de la Ville du Puy et son agglomération s’apprête à franchir. Jamais dans notre ville, aussi prestigieux soit son patrimoine, une telle exposition n’a eu lieu. L’idée de cette exposition de prestige est partie d’un constat simple : la rénovation complète de l’Hôtel-Dieu nous permet de jouir d’un édifice exceptionnel, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco ; nous avons donc fait le pari d’une exposition de prestige pour être à la hauteur de l’événement et de la noblesse de ces lieux.
Je parle d’un véritable pari, car rien n’était gagné à l’avance. Exposer des toiles de grands maîtres exige d’avoir des infrastructures à la pointe pour pouvoir les conserver dans les meilleures conditions de sécurité, et ce n’est pas évident dans des bâtiments qui ont plusieurs siècles d’âge. Il faut ensuite convaincre, en premier lieu les prêteurs, et il n’est pas donné au départ qu’ils soient emballés par l’idée d’exposer des Rembrandt et des Titien dans une petite ville de 20.000 habitants. Il faut enfin réussir à trouver les financements nécessaires car, bien que nous n’ayons aucun doute sur le succès de cette exposition, un minimum d’équilibre financier doit être garanti au préalable pour que l’exposition puisse être organisée dans des conditions sereines.
Nous avons réussi ce pari car nous n’étions pas seuls.

Au niveau local, pour commencer, puisque le projet a rapidement convaincu l’ensemble des troupes et une réelle mobilisation de toutes les équipes a pu avoir lieu.
Grâce à l’action déterminée et à la confiance de Monsieur Loyrette et du Musée du Louvre ensuite ; ce projet d’exposition répondait parfaitement à la politique de décentralisation et de démocratisation culturelle menée par Monsieur Loyrette, qui nous a fait confiance pour que nous réunissions ici cet ensemble d’œuvres de prestige, réunies pour la toute première fois autour de ce thème, les visages de Marie.
Enfin, je voudrais saluer l’ensemble des partenaires qui ont accepté de soutenir, matériellement ou financièrement, ce pari :
- le ministère de la Culture, bien sûr ;
- mais aussi nos partenaires privés :
● Axa Art qui nous a enlevé une grosse épine du pied en acceptant de nous soutenir sur la couverture en assurances, l’un des principaux postes de dépenses pour cette exposition ;
● Clearchannel pour son soutien sur les campagnes d’affichage ;
● la Fondation Crédit coopératif ;
● et enfin le Groupe Bolloré, notre principal mécène grâce à qui rien de tout cela n’aurait eu lieu.

Je tiens également à remercier tous ceux qui ont accepté de prêter certaines de leurs œuvres les plus précieuses, ajoutées à celles du Louvre : le musée d’Orsay, le Centre Georges Pompidou, le musée Bourdelle, le musée des Beaux-Arts de Nantes, le musée départemental de la Tapisserie à Aubusson, la chapelle Notre-Dame-de-toute-Grâce du plateau d’Assy à Passy. Des œuvres provenant de l’ensemble du territoire français qui accompagneront les trésors du patrimoine local provenant d’Aiguilhe, Craponne, Montfaucon, Saugues, de la cathédrale du Puy et du musée Crozatier.
Les 60 œuvres exposées sont d’une extraordinaire diversité : peintures des grands maîtres européens, sculptures, objets liturgiques, photographies. Elles sont rassemblées de manière inédite autour d’une figure majeure de notre patrimoine : Marie.
Pourquoi Marie ?
La mère de Jésus-Christ a marqué l’art de son empreinte à travers les siècles. Ses visages, de l’Annonciation à la Crucifixion, sont inscrits dans notre imaginaire collectif et dépassent la seule signification religieuse.
Valoriser cet aspect de notre patrimoine culturel, c’est plonger dans un héritage en perpétuel renouvellement, un héritage qui rassemble. Les visages de Marie varient selon les lieux, les cultures et les âges.
Les œuvres paléochrétiennes, byzantines, coptes et islamiques réunies dans l’exposition nous invitent à méditer sur Marie, lien modeste mais puissant entre les trois religions du Livre, entre l’Orient et l’Occident.
Elles nous incitent à retourner contempler les portes romanes de la cathédrale, qui, à deux pas de l’Hôtel Dieu, déroulent autour des reliefs de l’enfance du Christ une louange en calligraphie coufique, dédiée à « Allah, créateur de l’Univers ».
De la même façon, des œuvres contemporaines, photographies de guerre par exemple, nous montrent l’universalité de Marie, incarnation de la souffrance maternelle et de son dépassement.
Regards sur Marie est donc pour chaque citoyen une invitation à réfléchir sur la construction de notre héritage culturel, sur les dialogues qu’il a initiés et continue d’entretenir, aujourd’hui, avec d’autres cultures. Je suis heureux qu’à travers ce pari exceptionnel, nous offrions la possibilité au public altiligérien de mener cette réflexion.