Leçons de Copenhague (28/12/09)
Copenhague nous aura montré tout ce que la lutte contre le réchauffement climatique a de complexe : nous ne l’empêcherons que si tout le monde s’y engage et que les règles du jeu sont les mêmes pour tous.
Or ce que nous avons vu au Danemark, c’est que l’Union européenne était prête à faire beaucoup, mais que tous n’étaient pas prêts à la suivre. L’Europe s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020, par rapport à 1990. Elle a même accepté d’aller jusqu’à 30% si les autres pays développés la suivaient. Seulement voilà, les Etats-Unis ne sont pas prêts à faire le même effort, et la Chine refuse que l’on contrôle le respect de ces engagements.
Pour l’Union européenne, l’accord de Copenhague ne peut être que très insuffisant : des bases importantes pour de futurs accords sont posées, l’engagement des pays émergents à réduire leurs émissions est acté, mais aucun objectif chiffré contraignant n’est inscrit. Dans la lutte contre le réchauffement climatique qu’elle mène depuis vingt ans, l’Europe se retrouve encore une fois seule en tête, loin devant.
Cette pole position ne peut pas être un motif de satisfaction, car le réchauffement ne s’arrêtera pas aux frontières de l’Europe. C’est un problème qui ne peut avoir qu’une solution mondiale. Cela ne veut pas dire que, sous prétexte que nos partenaires ne bougent pas assez, nous pouvons relâcher nos efforts, bien au contraire. Mais ces efforts ont un coût économique et social que nous aurions tort de sous-estimer.
Lorsque l’Europe émet du carbone, l’Afrique, l’Asie, tous les continents en souffrent. Lorsque l’Europe crée des normes environnementales et des quotas d’émissions de gaz à effet de serre, il n’y a que les entreprises implantées en Europe, et donc les emplois des Européens, qui en pâtissent.
Donc, si nous sommes seuls à vraiment lutter contre le réchauffement climatique, nous devons nous donner les moyens d’en supporter les conséquences sur nos exportations, nos entreprises, nos salariés. Le Président de la République défend l’idée d’une taxe carbone aux frontières de l’Union, afin d’intégrer un coût environnemental dans le prix des marchandises, comme nous le faisons en Europe avec les quotas carbone et les autres taxes environnementales.
Il ne s’agit pas de protectionnisme, ni de contester que la liberté de circulation des marchandises est facteur de progrès. Il s’agit simplement d’inciter nos partenaires économiques à jouer avec les mêmes règles que les nôtres. Tous l’ont dit à Copenhague : le réchauffement climatique est un péril majeur pour notre planète. Une taxe carbone aux frontières de l’UE permettrait, en conduisant les autres pays à se doter de règles contraignantes, de passer des paroles aux actes.
Puisque nous sommes les seuls à vraiment protéger la planète, nous avons le droit, et le devoir, de protéger aussi notre marché intérieur. Il ne serait pas admissible que les travailleurs européens et les entreprises européennes payent l’incapacité des autres puissances à penser à la prochaine génération.
Commentaire(s) : Cet article a été consulté 877 fois
Ce site se veut un lieu d'échange ou chacun est libre d'exprimer son opinion, mais l'agressivité, les insultes, les propos racistes ou contrevenant à la loi sont proscrits...
Le modérateur se réserve le droit du supprimer tout commentaire qui ne respecte pas cette déontologie
Aucun commentaire n'a été publié
Vous devez vous identifier pour commenter