Un an après la création de Pôle emploi, il est possible de se livrer à un point d’étape sans verser ni dans l’autosatisfaction inappropriée, ni dans les critiques trop faciles qui feignent d’ignorer les avancées réelles des derniers mois et le contexte dans lequel cette réforme s’est déployée.
Je dis bien un point d’étape, et non un bilan : cette immense réforme ne sera pleinement achevée qu’au bout de trois ans ; il sera alors temps de se livrer à l’exercice du bilan, et je peux déjà vous dire que je ne crains pas la comparaison qui sera alors faite avec le vieux système ANPE – Assedic.
Au terme de la première de ces trois années, où en sommes-nous ? Malgré le vent contraire, avec une crise économique sans précédent depuis les années 30, les fondations sont posées :
- nous avons aujourd’hui plus de 850 sites mixtes sur l’ensemble du territoire. Concrètement ? cela veut par exemple dire qu’il y a sur le territoire plus de 850 sites pour s’occuper des questions d’indemnisation, contre seulement 650 antennes Assedic auparavant.
- les parcours des demandeurs d’emploi ont été considérablement simplifiés. Concrètement ? dans 90 % des cas la procédure d’inscription est bouclée en cinq jours et la moyenne pour l’instruction du dossier d’indemnisation est entre cinq et dix jours
- le niveau de services offerts a été harmonisé entre demandeurs d’emplois indemnisés et ceux qui ne le sont pas. Concrètement ? Avant la fusion, quatre demandeurs d’emploi sur dix n’avaient pas accès à certains services (aides à la mobilité, formations), du simple fait de son statut. Désormais, tous les demandeurs d’emploi ont droit aux mêmes services : on regarde leurs besoins, ce qu’on est en mesure de leur proposer, mais on ne les élimine plus d’office car ils ne sont pas dans la bonne case.
- le 3949 unique a été mis en place, sa surtaxation éliminée. Concrètement ? Alors que les appels depuis un mobile étaient auparavant surtaxés et pouvaient atteindre un coût supérieur à 30 ou 40 centimes d’euros la minute, ils sont depuis avril inclus dans les forfaits ou facturés au prix d’une communication normale lorsqu’il n’y a pas de forfait.
Certes tout n’a pas été parfait, il y a des difficultés que je ne nie pas, tant pour les demandeurs d’emploi que pour les agents. Mais là aussi, voyons les choses avec honnêteté : il y a eu sur un an + 25 % de demandeurs d’emploi. Quel autre service public aurait été capable sur un an d’absorber 25 % d’usagers supplémentaires sans blocage important ? Là, des difficultés oui, mais pas de retard d’indemnisation, pas de files d’attente devant les agences, encore moins de fermetures d’agence au pic de la crise.
C’est lié d’une part à la réactivité du gouvernement pour adapter les effectifs à la situation de crise de l’emploi, avec près de 4000 renforts dédiés tout au long de l’année. Mais aussi et surtout, et je le dis même si ça ne rend pas populaire, au dévouement, au professionnalisme et à l’esprit de responsabilité des agents de Pôle emploi qui méritent bien mieux que les attaques que je peux lire ici ou là.
Fondations solides donc mais le cœur et l’ambition de cette réforme ce ne sont pas les structures. Il s’agit d’offrir un meilleur service aux demandeurs d’emploi et aux entreprises, ce sera notre priorité pour le second palier de la fusion en 2010, autour de quatre axes :
- L’amélioration de l’offre entreprise de Pôle emploi car on ne peut se permettre de laisser vacant un seul emploi dans le contexte actuel.
- Le développement des aides à la mobilité
- Une meilleure offre de formations, notamment pour les compétences-clés
- Une modernisation des services accessibles sur internet, qui est aujourd’hui un levier majeur pour la recherche d’emploi.