Droit de vote pour les étrangers : c’est non ! (16/01/10)
Le Parti Socialiste a relancé cette semaine le débat sur le vote des étrangers. Passons sur la tactique politique primaire, que le PS recycle encore une fois après ses déclarations irresponsables sur les régularisations de sans-papiers. L’important est, je crois, ailleurs : Martine Aubry est en train de renverser – sans s’en rendre compte, du moins faut-il l’espérer – un élément essentiel de notre démocratie, le rapport entre citoyenneté et vote.
Le droit de vote, ce n’est pas un cadeau de bienvenue sur le territoire français. Ce n’est pas non plus un facteur d’intégration pour ceux qui viennent d’arriver : on ne peut pas donner, à des personnes qui n’ont pu encore s’y intégrer, le moyen de changer la société. Ce n’est pas, cela ne peut pas être, enfin, une récompense pour une présence, même de longue durée, sur le territoire.
Voter, c’est peut-être le seul privilège – n’oublions jamais que c’en est un, tous les habitants de cette planète ne l’ont pas – que tous les Français ont en commun. C’est aussi le seul privilège, dans ce pays qui les a abolis pour faire naître la démocratie, qui soit pour nous réellement essentiel.
Le droit d’élire nos représentants, et de choisir ainsi la France et l’Europe que nous voulons pour nos enfants, c’est sans doute, de tous nos droits fondamentaux, celui qui véritablement nous rassemble. C’est la marque de notre identité nationale.
Ce droit, nous l’avons acquis, pour beaucoup, parce que nous sommes nés en France. Ce n’était pas un choix, bien sûr, mais l’on peut par la suite y renoncer. D’autres ont obtenu le droit de vote en prenant la nationalité française. C’est ce choix, cette décision personnelle de devenir Français, qui leur donne le droit de participer à la vie démocratique du pays.
Toute personne qui habite, étudie, travaille sur le territoire de la République peut aspirer à remplir ce rôle d’électeur, le plus essentiel qui incombe au citoyen. Mais pour cela, elle doit faire la preuve de son intérêt pour la France, de sa volonté de faire partie de la communauté nationale. C’est-à-dire devenir Français.
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17/01/2010 19:47Maréchal Didier
Monsieur le Ministre,
Votre argumentation est convaincante et je la partage totalement.
Mais,en 2005, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP à l'époque, déclarait qu’il ne trouverait « pas anormal qu’un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France puisse voter aux élections municipales. »
Il serait bon que le Président clarifie officiellement sa position sur le sujet.
17/01/2010 19:04Cortese Pierre
Monsieur le ministre, je vais essayer d'illustrer mon désaccord avec vous sur cette question avec un exemple personnel. De part cette filiation, je peux en effet prétendre à la double nationalité franco-italienne et vote quand cela est possible pour les législatives dans le corps réservé aux étrangers. Il y a quelques années, j'ai même reçu le droit de voter pour les élections municipales dans la ville de naissance de mon grand-père comme n’importe quel citoyen de cette ville. Erreur administrative ou pas, cette possibilité de voter dans une ville à 1500 km de chez moi (en se rendant certes sur place, ce qui était difficilement envisageable)et dans laquelle je n'ai passé qu'un mois de ma vie en tout est pour tout m'a choqué. Je ne connais rien des problématiques de cette ville, contrairement certainement à des étrangers qui peuvent y vivre depuis des années mais sont exclus du corps électoral pour ne pas avoir de passeport italien. Certes, ce cas se produit plus rarement en France, les listes électorales étant révisées régulièrement. Mais tout de même, ne peut on pas envisager que des personnes vivant dans une commune depuis des années, y travaillant, payant des impôts et participant à la vie de la cité puisse avoir leur mot à dire quand il s'agit d'élire leur maire ? Cela est bien déjà le cas pour les ressortissants de l'U.E. S’il suffit de naitre en France et d'avoir une adresse pour être citoyen, alors avouez que cela ne veut pas dire grand chose, si ce n’est au seul niveau administratif. Les étrangers contribuant à faire vivre notre pays méritent autant de voter que des français dont le seul mérite est d’être né en France. Ses immigrés sans grade dont beaucoup ont participé à construire nos routes, nos immeubles, nos voitures et qui contribuent à forger l’identité de la France.
17/01/2010 18:43TEYSSONNIER MICHEL
Ta position est la bonne, je la partage entièrement.
merci Laurent
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