Le combat en faveur en l’Europe passe aussi par la défense de Strasbourg (21/03/10)

Depuis une semaine, je bataille avec fermeté contre un amendement visant à réduire le nombre jours de sessions du Parlement Européen à Strasbourg. J’avais annoncé que la France se réservait la possibilité d’une saisine, c’est désormais chose faite. J’ai annoncé mardi que nous allions saisir la Cour de Justice de l’Union Européenne pour contester la validité de cet amendement.
Ne croyez pas qu’il s’agisse d’un combat franco-français. Pour moi cette question nous emmène bien plus loin, elle révèle notre vision de l’Europe celle que nous souhaitons et celle que nous voulons défendre.
Ce que l’on remarque tout d’abord, c’est que les parlementaires qui sont contre la localisation du Parlement Européen à Strasbourg sont majoritairement des eurosceptiques. Ce simple détail (qui n’en est pas un) devrait déjà nous mettre la puce à l’oreille. Sous le prétexte fallacieux d’une réduction des coûts (alors que ces derniers sont surtout dus à la fonction même de députés européens, qui nécessite de nombreux – et forcément coûteux – déplacements à travers l’Europe), il s’agit en fait de recroqueviller l’Europe au sein de quelques immeubles bruxellois et la rendre encore plus distante, plus technocratique, et alimenter le désamour injuste qui se forme entre les citoyens européens et l’Europe.
D’ailleurs, je remarque – et me réjouis – que le Parlement n’est pas la seule institution européenne hors de Bruxelles. Le Conseil tient ses sessions d’avril, juin et octobre à Luxembourg, la Banque Centrale Européenne a son siège à Francfort et Europol est localisé à La Haye. Les vingt-sept agences de l’UE sont établies dans des Etats-membres différents. Strasbourg abrite quant à elle aussi le médiateur européen. C’est cette Europe « unie dans la diversité » que je veux défendre.
Ce vote est de plus est en contradiction avec l’évolution vers une Europe plus transparente que nous appelons tous de nos vœux, et les parlementaires en premier. Eux, si soucieux de transparence, ont ainsi décidé de voter cet amendement à bulletin secret ! Il est surtout paradoxal qu’à l’heure où les pouvoirs du Parlement européen sont considérablement renforcés avec le Traité de Lisbonne, cet aménagement du calendrier parlement réduise le temps des sessions.
Enfin, et les symboles ne sont pas rien en Europe, Strasbourg c’est la ville qui incarne parfaitement la réconciliation franco-allemande et la construction européenne. C’est une ville profondément associées aux valeurs européennes, qui matérialise cette Europe fière d’elle-même, proche des citoyens et ambitieuse que nous devons promouvoir.
Pour toutes ces raisons, il ne saurait y avoir la moindre ambiguïté sur mon engagement en faveur de Strasbourg. Elle est et restera le siège du Parlement Européen.
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