30/09/2009Pôle emploi : ma réponse à Bertrand Delanoë

Cher Bertrand Delanoë, M. le maire,
Je comprends parfaitement que près d'un an après le fameux congrès de Reims, vous ressentiez le besoin de vous intéresser à nouveau aux préoccupations des français. Pour un PS dans un tel état de déliquescence, les contributions d'un homme de votre qualité seront probablement d'une grande utilité. Mais j'aurais préféré que vous laissiez demandeurs d'emploi et agents de Pôle emploi a l'écart de ces enjeux purement partisans, ou tout du moins que vous n'abusiez pas de contre-vérités.
Vous avez raison : la création de Pôle emploi est une reforme majeure, une des plus importantes et difficiles de ces dernières années. La preuve : si tant de monde en parle depuis trente ans, personne avant Nicolas Sarkozy, et surtout pas les gouvernements socialistes qui se sont succédés, n'avait eu le courage de la mettre en oeuvre. Vos amis ont, je le reconnais, des circonstances atténuantes : en matière de reforme du service public, de malheureux précédents ont pu les refroidir, je pense en particulier à la reforme de l'administration des impôts dont votre adjoint chargé de l’emploi et du développement économique pourra longuement vous parler. Commenter est évidemment beaucoup facile qu’agir…
Il ne vous a pas échappé que la France vit depuis plusieurs mois à l’instar de ses partenaires internationaux une crise économique sans précédent, avec des conséquences sur le marché de l’emploi. Moindres que chez nos voisins, mais là n’est pas le sujet.
Les agents de Pôle emploi font face à cette situation avec beaucoup de courage et d’efficacité, je le constate à chacune de mes visites hebdomadaires dans les agences, je vous invite à en faire autant. Vous pourrez ainsi constater par vous–même qu’il n’ y a pas, contrairement à ce que nous avons pu observer en 1993, d’interminables files d’attente, que les agences ne doivent pas fermer pour gérer les pics d’inscription et qu’au final aucun retard, je dis bien aucun retard en matière d’indemnisation n’a été enregistré, y compris au plus fort de la crise en début d’année.
Les initiatives prises le Gouvernement, le conseil d’administration et la direction de Pôle emploi, institution gérée par l’Etat et les partenaires sociaux, n’y sont probablement pas étrangères. Pour mémoire :
- Le recrutement de 1840 agents destiné à maintenir une qualité de service satisfaisante pour les demandeurs d’emploi qui se présentent aux guichets de Pôle emploi, dans un contexte économique pourtant difficile ;
- La création de plateformes téléphoniques régionales, qui ont bénéficié de l’apport de 500 recrutements supplémentaires, et dont l’objectif est de réduire le temps d’attente lors de l’appel du 3949, numéro unique de Pôle emploi. La mise en place de ces plateformes porte déjà ses fruits avec 8 appels sur 10 qui aboutissent désormais dans un délai raisonnable contre 6 sur 10 avant leur création. Certes on peut être partisan du « toujours plus » quand on augmente comme vous le faites, pour ne citer qu’un exemple, la taxe foncière de 47 %, véritable racket des contribuables parisiens, mais ce n’est pas le choix que le peuple français a fait en 2007, pardonnez-nous de le respecter.
- Une amélioration de la qualité de services rendue aux demandeurs d’emploi : la mise en place de Pôle emploi n’est pas, en effet, qu’un mécano administratif mais bel et bien une réforme au service des clients de Pôle emploi. Cet argument n’est pas rhétorique : Pôle emploi a consenti un doublement en 2009 de ses budgets consacrés à la formation et aux aides à la mobilité pour les demandeurs d’emploi.
- Nous avons en outre confié le suivi de 320 000 demandeurs d’emploi sur deux ans à des opérateurs privés de placement qui travailleront avec et sous le contrôle de Pôle emploi. Non que nous estimions que le secteur privé fasse nécessairement mieux que Pôle emploi, mais simplement parce que notre pragmatisme nous amène à mobiliser tous les moyens disponibles au service des demandeurs d’emploi. Quoiqu’il en soit, je constate que cette décision, approuvée par le Conseil d’administration de Pôle emploi et donc par une majorité des partenaires sociaux, ne trouve pas grâce à vos yeux… Je vous laisse simplement expliquer aux demandeurs d’emploi que nous ne devrions pas nous occuper d’eux pour satisfaire une vision datée d’un service public de l’emploi renfermé sur lui-même.
>- Enfin, last but not least, la création, chaque jour, de nouveaux sites « mixtes » - 360 fin septembre - au sein desquels les demandeurs d’emploi bénéficient d’ores et déjà de la possibilité de faire valoir, en un seul lieu, leur droit à indemnisation et définir leur projet personnel d’accompagnement vers l’emploi. Bientôt, le demandeur d’emploi n’aura plus qu’un interlocuteur unique, son conseiller personnel, une vraie révolution dans le fonctionnement de notre service public de l’emploi. Sans compter que la création de ces sites mixtes s’accompagnera d’une couverture renforcée du territoire par le réseau des agences Pôle emploi.
Tout cela étant précisé, je reste évidemment à votre disposition, M. le Maire, pour étudier toute proposition permettant de renforcer l’accompagnement des demandeurs d’emploi et de favoriser leur retour à l’emploi, proposition dont votre article est désespérément vide.
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